Oui pour transformer la Guerre en Amour .... ( Victor Hugo)

par hervé Dalle Nogare  -  7 Mars 2017, 01:10

( suivi de " Soleils nommés" HDN)

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La Révolution, c’est la France sublimée

Il s’est trouvé qu’un jour la France a été dans la fournaise

Des fournaises de certaines martyres guerrières font pousser des ailes

et de ces flammes cette grande géante est sortie archange

Aujourd’hui pour toute la terre la France s’appelle Révolution

Et désormais ce mot Révolution sera le nom de la Civilisation

jusqu’à ce qu’il soit remplacé par le mot Harmonie

Oui ! Tous et toutes autant que nous sommes, grands et petits

Puissants et méconnus illustres et obscurs

Dans toutes nos œuvres bonnes ou mauvaises

Quelles qu’elles soient

Poèmes Drames Romans Histoires Philosophies,

A la Tribune des Assemblées

Comme devant les foules du théâtre

Comme dans le recueillement des solitudes

Oui pour tout ! Oui pour toujours

Oui pour réhabiliter les lapidées, et les accablés

Oui pour conclure logiquement et marcher droit

Oui pour consoler

Oui pour secourir, pour relever, pour encourager, pour enseigner

Oui pour panser en attendant qu’on guérisse

Oui pour transformer la Charité en Fraternité

La fainéantise en travail

L’oisiveté en utilité

L’iniquité en justice

La populace en peuple

La canaille en nation

Les nations en humanités

La guerre en amour

Les préjugés en examens

Les frontières en soudures

Les limites en ouvertures

Les ornières en rails

L’instinct du mal en volonté du bien

La vie en droit, les rois en hommes

Oui pour ôter des religions, toutes les religions, l’enfer et des sociétés le bagne

Oui ! Pour être frère et sœurs du misérable, du cerf, du fellah, du prolétaire , du déshérité, de l’exploité, du trahi, du vaincu, du vendu, du sacrifié, de la prostituée, du forçat, de l’ignorant, du sauvage, du nègre, du condamné et du damné

Oui ! Oui nous sommes tes fils !

RÉVOLUTION

 

Victor Hugo

Oui pour transformer la Guerre en Amour ....  ( Victor Hugo)

Soleils nommés

 

Il fut un temps

Où le soleil n'avait pas de nom

Simple astre dans le nid du ciel

Il était l’essentiel

Feu réel

Dans le constellé des tréfonds

 

Nul ne l'avait encore regardé...

 

Pourtant, vois,

Mon frère, ma sœur

Nous étions déjà là...

Unis

Branches enlacées

Racines partageant le principe premier

Du vivre et du donner princier

 

Nous étions

Simples éléments

Simples couleurs

Air eau chaleur

Constamment

Nous échangions

 

Nous étions la tunique

Tissée d'un univers unique

 

 

Puis

Vint l'idée du temps

Le vent fut vent

L’eau première océans et mers.

Se divisa la terre

 

Nous gardâmes sur la toile

De ce temps boréal

Le chant de chaque étoile

Encore inscrit dans nos mémoires

 

 

Le soleil prit nom

Dans le regard nu

Des premiers

Poissons transfigurés

Peau après peau, humains nous étions devenus

 

Dès ce temps sans échéance

Je fus en errance...

 

Il me fut un temps

Dans cette dernière chance

Où je n'eus plus de mots

Pour dire du jour mes maux,

De nos âmes l'amour, les émaux,

Les émois,

Les passés et les exploits.

Le présent de chaque heure en déchéance

Était sans fin, sans commencement

 

Vint un jour sans différence

Grêlé de silence,

Où dans la roche gravée

En toute innocence,

Cachée dans des pages folles

Protégée des idoles

Je vis la trace de ce voyage ancien

Il me fallait avoir confiance

 

Un jour, proche de l'été

Se desserra l'étau

De tant de nuits à errer

Sans rencontrer aucun frère

N’ayant pour manteau

Que ma seule peau

Et quelques mots

Ouverts à tous les alizées de la terre

 

Tu étais là

Oh poésie

Jamais saisie

Toi

Que je connus autrefois

En écoutant

Seul comme un roi

Le feulement du vent

 

 

Tu es

Oh mon frère, oh ma sœur

Fait de cette première haute plaine

Où le vent libre en maraude

Est légère haleine

Où l'eau vive érode

Les roches lisses

Où les oiseaux glissent

Entre le bleu miroité

Et le vert reflété

 

Tu es neige sans aucun passage

Pluie apportant naissance

Chaleur composée de confiance

Ombre donnant douceur sage

 

Tu es l’immense prairie

Où les herbes fleuries

Répandent jusqu'à tard

Le parfum rare

De chaque soleil renouvelé

 

Tu es le vivant

L’émeraude éveillée

Des continents émergeants

Jamais traversés

 

Tu es sans frontière

Pour qui porte la tendresse

Des sœurs et des frères

En armoirie hissée à bout de drisse

 

 

Jamais n’oublie

Oh mon frère

Oh mon amie

En toi sont tous les rêves

Des hommes unis

Par leur vie brève

Par cet amour enfoui

Qui nous donna l’air

Et le nom d’être humain

 

 

Pour moi dont l’âme luit

De tous les mots appris

Tu es toujours le matin

Nous sommes des témoins

Involontaires

De la vie liminaire

A chacun de nos passages sur Terre

Tu es un frère

Tu es une sœur

Nous sommes dans le cœur

De tous et de chacun ,

 

Oh Soleil,

Toi que je ne pus nommer

Lors de ma primaire existence

Vois notre devenir en errance

Nous les êtres augmentés

Qui défions l’univers entier…

Saurons-nous te retrouver

Lorsque tout sera cendre et fumée ?

En nous, tant de nuit,

Tant de bruit

Tant de fureur

 

 

Mais jamais n’oublie

Oh mon frère, ma sœur

Mon amie,

Ma femme, mon enfant

Qu’en nous tout luit

L’Indéfini et l’infini

Les galaxies et l’océan

Que nous sommes possesseurs

Du souffle et de ses lueurs

Des aurores réalisées

Et des champs partagés

Que nous sommes créateurs

De futur, de forêts, de jardins

Que nous sommes dominateurs

Des machines, des computeurs

Des marchés et des financiers

 

N'oublie jamais

Que nous sommes protecteurs

De présent et d’allant

De la Terre

Et de la destinée

De nos descendants

Que nous avons toujours marché

De l’ombre à la lumière

Traversant des nuits, des hivers des guerres

Jusqu'à trouver des délivrances

Que nous sommes des combattants

Sans haine ni vengeance

Ayant pour seules volontés

Sur nos poitrines exposées

En soleils nommés

L’amour, la liberté, la fraternité

 

HDN Mars 2017

Oui pour transformer la Guerre en Amour ....  ( Victor Hugo)